Politique
Le cannabis médical ne constitue pas un moyen de traitement nécessaire, approprié ou suffisant dans le cas de la plupart des troubles médicaux en raison d’un manque de preuves solides et uniformes quant à son efficacité thérapeutique et des méfaits connus de la consommation de cannabis. Cependant, dans un nombre limité de circonstances, le cannabis médical peut s’avérer un moyen de traitement nécessaire, approprié et suffisant par suite d’une lésion ou d’une maladie reliée au travail.
Après avoir accordé l’admissibilité à du cannabis médical, la Commission surveille régulièrement l’utilisation et l’efficacité de celui-ci et, lorsqu’il devient inutile, inapproprié ou insuffisant, elle suspend ou met fin à l’admissibilité.
But
La présente politique a pour but d’établir les lignes directrices régissant l’admissibilité à du cannabis médical ainsi que l’examen et le paiement du cannabis médical.
Définitions
Aux fins de la présente politique, les définitions suivantes s’appliquent :
cannabis à des fins médicales ou cannabis médical s’entend du cannabis séché, de l’huile de cannabis ou de toute autre catégorie licite de cannabis (à l’exception des plantes ou des graines de plantes de cannabis) dont l’accès est permis à une personne à des fins médicales. Le cannabis médical n’a ni numéro d’identification numérique de médicament (DIN) ni numéro de produit naturel (NPN), et il n’englobe pas les cannabinoïdes pharmaceutiques;
CBD s’entend du cannabidiol, un important cannabinoïde trouvé dans le cannabis et réputé avoir d’éventuels effets thérapeutiques sans effet psychotrope manifeste;
contre-indication ou contre-indiqué s’entend d’une situation dans laquelle les risques d’un traitement par cannabis médical l’emportent généralement sur les bienfaits thérapeutiques possibles. Sans limiter la portée de ce qui précède, il est entendu que le cannabis médical est contre-indiqué chez les personnes qui
trouble désigné s’entend de l’un des troubles suivants, pour lesquels il existe la preuve de l’efficacité thérapeutique du cannabis médical :
professionnels de la santé s’entend des médecins ou des infirmières ou infirmiers praticiens (également connus sous le nom d’infirmières ou infirmiers autorisés de la catégorie avancée);
détenteur de licence s’entend d’un détenteur de licence de vente de cannabis médical;
conformément au Règlement sur le cannabis, document médical s’entend du document d’autorisation qu’un professionnel de la santé remet à une personne sous ses soins professionnels pour justifier qu’elle consomme du cannabis médical;
douleur neuropathique s’entend d’une douleur qui est la conséquence directe d’une lésion ou d’une maladie démontrable touchant le système somatosensoriel (p. ex., douleur causée par une lésion nerveuse traumatique);
période d’usage s’entend du nombre de jours, de semaines ou de mois indiqués sur le document médical pendant lesquels la personne nommée sur celui-ci est autorisée à accéder à du cannabis médical. Aux termes du Règlement sur le cannabis, la période d’usage ne peut dépasser un an;
cannabinoïdes pharmaceutiques s’entend des cannabinoïdes produits dans des milieux contrôlés de fabrication de produits pharmaceutiques et auxquels un DIN a été attribué (p. ex., le nabilone [Cesamet®] et le nabiximols [Sativex®]);
précaution s’entend d’une situation dans laquelle le cannabis médical doit être consommé avec prudence en raison des risques encourus. Sans limiter la portée de ce qui précède, il est entendu que le cannabis médical doit être consommé avec prudence par les personnes qui
fumer s’entend du mode d’administration selon lequel le cannabis médical est allumé ou brûlé aux fins de l’inhalation de la fumée produite;
THC s’entend du delta-9-tétrahydrocannabinol, un important cannabinoïde trouvé dans le cannabis qui est réputé avoir des effets thérapeutiques et être le responsable principal des effets psychotropes du cannabis;
vaporiser s’entend du mode d’administration selon lequel de l’air chauffé à des températures extrêmes par un vaporisateur est passé sur du cannabis médical aux fins de l’inhalation de la vapeur produite;
conformément au Règlement sur le cannabis, commande écrite s’entend de l’autorisation écrite d’un professionnel de la santé exerçant dans un hôpital de fournir une quantité donnée de cannabis médical à une personne sous ses soins professionnels.
Aperçu des critères d’admissibilité
Sauf lorsque la présente politique le prévoit autrement en ce qui a trait aux soins palliatifs, la Commission peut accorder l’admissibilité à du cannabis médical pour une lésion ou une maladie reliée au travail si tous les critères suivants sont remplis :
Critères d’admissibilité
1. Trouble désigné
La Commission considère l’admissibilité à du cannabis médical seulement si
2. Consommation de cannabis médical devant être autorisée par le professionnel de la santé traitant
Le professionnel de la santé autorisant la consommation de cannabis médical en vue de traiter le trouble désigné doit être celui responsable de gérer le traitement continu du trouble désigné et(ou) de la lésion ou de la maladie connexe reliée au travail, et de mener régulièrement des évaluations cliniques de la réponse du travailleur au traitement par cannabis médical.
Si un autre professionnel de la santé autorise la consommation de cannabis médical et qu’il assume la responsabilité de mener régulièrement des évaluations cliniques de la réponse du travailleur au traitement par cannabis médical, le professionnel de la santé principal doit approuver cette consommation et la consommation continue de cannabis médical pour le trouble désigné.
REMARQUE
Pour plus de précisions sur le choix et le changement de professionnel de la santé, voir le document 17-01-03, Choix et changement de professionnel de la santé.
3. Épuisement des traitements conventionnels
Sauf en cas de soins palliatifs, le travailleur doit avoir épuisé tous les traitements conventionnels avant que la Commission ne considère son admissibilité initiale à du cannabis médical. Le recours aux traitements conventionnels et la réponse du travailleur à ceux-ci doivent être clairement documentés dans le dossier médical du travailleur.
Tous les traitements conventionnels sont épuisés lorsque
REMARQUE
Dans cette section,
« essai adéquat » s’entend du fait que le travailleur a essayé un traitement
En cas de douleur neuropathique, un essai adéquat de traitement dure habituellement trois mois.
« Traitement conventionnel approprié » s’entend à la fois des traitements appropriés pharmaceutique et non pharmaceutique. En outre, en cas de douleur neuropathique, « traitement conventionnel approprié » s’entend du fait que le travailleur a essayé, au minimum, trois traitements de première ligne et(ou) de deuxième ligne ainsi qu’un cannabinoïde pharmaceutique.
4. Évaluation clinique
Avant que la Commission considère l’admissibilité initiale d’un travailleur à du cannabis médical, le travailleur doit avoir subi une évaluation clinique appropriée ayant donné lieu à des constatations mesurables. De même, il doit faire l’objet de réévaluations subséquentes pour confirmer son admissibilité continue à du cannabis médical. Les résultats de ces évaluations ou de ces réévaluations doivent être clairement documentés dans le dossier médical du travailleur pour déterminer la nécessité, l’adéquation et la suffisance du traitement par cannabis médical.
En général, une évaluation ou une réévaluation clinique appropriée permet de faire ce qui suit :
5. Bienfaits du cannabis médical l’emportant sur les risques
La Commission peut considérer un traitement par cannabis médical si les bienfaits pour le travailleur l’emportent sur les risques. De plus, lorsqu’elle détermine la nécessité, l’adéquation et la suffisance d’un traitement par cannabis médical, elle prend en compte tout facteur pouvant en faire augmenter les risques. Sans limiter la portée de ce qui précède, de tels facteurs comprennent les situations suivantes :
6. Dose et mode d’administration
Sous réserve des limites liées au dosage et au mode d’administration imposées par la présente section, la dose appropriée est en général la plus faible dose sûre et efficace de cannabis médical relativement à la quantité quotidienne et au pourcentage de THC.
Le dosage doit commencer à la plus faible dose possible et doit évoluer lentement, prudemment et graduellement.
Limites liées au dosage et au mode d’administration
Le cannabis médical et le mode d’administration autorisés pour le travailleur doivent remplir toutes les conditions suivantes :
REMARQUE
Des renseignements sur la façon de calculer la quantité en mg de THC par jour figurent à la section Annexe.
7. Document médical valable ou commande écrite
Le travailleur doit disposer d’un document médical valable ou d’une commande écrite. Un document médical est valable pendant toute la période d’usage précisée sur celui-ci.
En plus de satisfaire aux exigences du Règlement sur le cannabis, le document médical et la commande écrite doivent se conformer aux critères liés au dosage et au mode d’administration prévus par la présente politique, et ils doivent préciser ce qui suit :
REMARQUE
Les exigences qui s’appliquent à un document médical aux termes du Règlement sur le cannabis figurent à la section Annexe.
Examen et vérification de l’admissibilité
Après avoir accordé l’admissibilité à du cannabis médical, la Commission examine et surveille l’utilisation et l’efficacité de celui-ci et, lorsqu’il devient inutile, inapproprié ou insuffisant, elle peut suspendre ou mettre fin à l’admissibilité.
Examen régulier
Sauf en cas de soins palliatifs, la Commission examine l’admissibilité à du cannabis médical au plus tard trois mois après la date de l’admissibilité initiale ou lorsque la dose du travailleur est rajustée. Ensuite, elle le fait à des intervalles réguliers ne dépassant pas six mois à partir de l’examen précédent.
Un travailleur peut se voir accorder l’admissibilité continue quand
Changement important
Le travailleur doit aviser la Commission de tout changement important dans les circonstances, par exemple, un changement lié à la situation des soins de santé qui peut avoir un effet sur l’admissibilité à du cannabis médical (voir le document 22-01-02, Changement important dans les circonstances - Travailleur).
Suspension ou fin de l’admissibilité
La Commission peut suspendre ou mettre fin à l’admissibilité à du cannabis médical lorsqu’une preuve montre que le traitement n’est plus nécessaire, approprié ou suffisant, notamment dans les situations suivantes :
Abus et détournement
La Commission met fin à l’admissibilité à du cannabis médical lorsqu’une preuve montre que le travailleur
La Commission peut considérer un abus ou un détournement comme une infraction reliée au dossier. La Commission cherche à recouvrer les sommes, l’équipement ou la valeur des services qu’elle a payés aux personnes qui ont réclamé des prestations d’une manière malhonnête. Les mesures de recouvrement utilisées par la Commission comprennent les accusations déposées en vertu de la Loi de 1997 sur la sécurité professionnelle et l’assurance contre les accidents du travail, les poursuites devant le tribunal civil et(ou) la création d’une dette reliée à l’indemnisation (voir le document 22-01-07, Infractions et peines - Travailleur).
Critères relatifs au paiement
En général, la Commission paie les coûts raisonnables liés au cannabis médical si tous les critères suivants sont remplis :
Lorsque la Commission approuve la vaporisation comme mode d’administration, elle couvre également le coût raisonnable du vaporisateur. Elle ne prend en charge aucun autre appareil ni attirail pour le cannabis médical. En général, le remplacement des vaporisateurs n’est autorisé qu’une fois tous les deux ans. Si le vaporisateur payé par la Commission est perdu ou volé, celle-ci ne le remplace généralement qu’une seule fois. Si le vaporisateur est de nouveau perdu ou volé, le travailleur en assume le coût de remplacement.
Approbation préalable à l’achat
Avant d’acheter du cannabis médical ou un vaporisateur de cannabis médical, le travailleur doit obtenir l’approbation d’achat auprès de la Commission.
La Commission n’a pas à assumer le coût du cannabis médical ou du vaporisateur
De même, la Commission n’a pas à assumer le coût du cannabis médical ou du vaporisateur engagé par le travailleur s’il dépasse le montant approuvé.
Entrée en vigueur
La présente politique s’applique à tous les achats de cannabis médical ou de vaporisateurs de cannabis médical faits le 1er mars 2019 ou après cette date, pour tous les accidents.
Historique du document
Le présent est un nouveau document.
Calendrier du réexamen de la politique
La présente politique sera réexaminée dans les deux ans qui suivent la date d’entrée en vigueur.
Références
Dispositions législatives
Loi de 1997 sur la sécurité professionnelle et l’assurance contre les accidents du travail, telle qu’elle a été modifiée.
Articles 1, 22, 23, 32, 33, 34, 35, 36, 37 et 159
Règlement sur le cannabis (pris en vertu de la Loi sur le cannabis [L.C. 2018, ch. 16])
Procès-verbal
du conseil d’administration
N° 4, le 12 décembre 2018, page 7621
La présente politique a été archivée le 16 décembre 2019.
Annexe
Exigences du Règlement sur le cannabis à l’égard du document médical | Le document médical qui vise à autoriser une personne à accéder à du cannabis médical doit contenir les renseignements suivants : Le document médical doit être signé et daté par le professionnel de la santé qui le fournit et doit comporter une attestation portant que les renseignements qui y figurent sont exacts et complets. |
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Calcul de la « quantité en milligrammes (mg) de THC par jour » | Voici le calcul de la quantité en mg de THC par jour : Q x P = quantité en mg de THC par jour où, |